Subjectivité et santé publique
3e Journée d'études du Séminaire
Qualité de vie, maladie chronique et handicap
La subjectivité dans les pratiques et les sciences sociales en santé
Troisième Journée d’études : jeudi 10 janvier 2008
« Subjectivité et santé publique »
Séminaire organisé avec
- l’équipe “ Expérience de la maladie et du handicap, mobilisation et action collective ” du CERMES (Centre de Recherche Médecine, Sciences, Santé et Société UMR 8169 – INSERM U 750)
et l’Institut Fédératif de Recherches sur le Handicap (IFRH)
J.- F. Ravaud, I. Ville, D. Benamouzig, M. Winance (CERMES)
Dans la continuité de nos journées d’études :
- « Subjectivation et socialisation des personnes malades chroniques et handicapées » qui a eu lieu le 27 juin 2006, et
- "L'émergence de la subjectivité dans les pratiques et les sciences sociales en santé" qui a eu lieu le 24 avril 2007
le séminaire poursuivra cette années l'analyse des usages et significations du recours à la notion de subjectivité dans les pratiques et les sciences sociales en santé depuis une trentaine d'années.
Les champs concernés sont les acteurs et les pratiques de santé (relation médecin-malade, système de santé, associations d’usagers, etc.) et les sciences sociales en santé (épistémologie et philosophie, anthropologie, sociologie, économie de la santé, santé publique).
Les pratiques médicales et sociales autour des personnes malades et handicapées ont en effet évolué depuis 30 ans. Les figures stigmatisantes du « malade » et du « handicapé » ont laissé place à celle de la personne atteinte de maladie chronique ou en situation de handicap considérée comme un sujet dont l’identité personnelle et l’activité sociale excèdent l’objectivation médicale de la maladie ou de la déficience.
Ce changement s’articule à la substitution du paradigme conceptuel de la maladie par celui de la santé. La personne tend à être prise en compte en tant que telle, reconnue comme un sujet dans son individualité, son autonomie et son statut d’acteur social. Cette émergence du sujet se traduit par une attention grandissante portée à l’expérience, à la trajectoire biographique et au fonctionnement social propre de la personne.
Le séminaire se donne pour objectif d’explorer les prémisses théoriques et les implications sociales et politiques, éthiques et juridiques de ce mouvement de subjectivation. La méthode adoptée consiste à solliciter et à faire échanger des chercheurs de différentes disciplines en sciences humaines et sociales.
Cette troisième journée d'étude sera consacrée à la question de la subjectivité en santé publique.
Nous analyserons la manière dont la santé publique conçoit, étudie et objective la subjectivité.
Nous interrogerons aussi les implications politiques et sociales de la prise en compte de la subjectivité et des prescriptions sanitaires qui en découlent.
Dans quelle mesure une telle prise en compte peut-elle participer d’une politique d’individualisation et de responsabilisation des sujets et concourir, plus ou moins implicitement, à des politiques de contrôle social ?
La subjectivation reconduit-elle nécessairement à l’assujettissement des individus au biopouvoir et aux normes médicales ?
Programme
9 h 30 : Ouverture de la journée
9 h 45 : Marcel Goldberg (INSERM)
Les déterminants sociaux de la santé. Modèle matérialiste versus modèle psychosocial : les controverses actuelles de l’épidémiologie sociale
10 h 30 : Henri Bergeron (CNRS-Centre de sociologie des organisations)
Le droit des malades, des patients aux sujets. Le cas de la toxicomanie
11 h 15 : Discussion
11 h 30 : Philippe Barrier (Université Paris XIII-CNED)
Subjectivité et auto-normativité du patient chronique
12 h 15 : Discussion puis pause-déjeuner
14 h : Anne Golse (Université de Caen)
Psychoéducation et subjectivité. La prise en charge des malades mentaux dans les services de psychiatrie
14 h 45 : Livia Velpry (CNRS-CESAMES)
Subjectivité et intervention thérapeutique : négocier l'autonomie du patient en psychiatrie
15 h 30 : Discussion et clôture de la journée