CENTRE GEORGES CANGUILHEM

Histoire et philosophie des sciences du vivant et de la médecine

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Séminaire “Penser les nouvelles pratiques de soin” (2008)


Animé par Céline Lefève, MC Histoire et philosophie des sciences, Paris 7

Alain - Charles Masquelet, PU/PH, Hôpital Avicenne, Bobigny

Olivier Doron, AMN Histoire et philosophie des sciences, Paris 7

Université Paris 7, Esplanade des Grands Moulins, Halle aux Farines, Paris 13e.

Métro : Bibliothèque F. Mitterrand, bus 62, 89

- Séance d’ouverture : jeudi 31 janvier 2008 de 18 h à 20 h Salle 265 E (Hall E, 2e étage)

- Séances suivantes : mercredi 13 février, 27 février, 12 mars, 26 mars et 9 avril 2008 de 18 h à 20 h Salle 264 E (Hall E, 2e étage)

Les pratiques médicales semblent s’orienter aujourd’hui vers une nouvelle philosophie du soin. Au XXème siècle, la médecine, caractérisée par sa scientificité et par une organisation hospitalière souvent crainte par les malades pour son manque d’humanité, s’est focalisée sur ses performances techniques et sa mission curative. Elle a pu ainsi donner l’impression de négliger sa dimension soignante.

Les discours et les pratiques actuels replacent en leur centre le soin, orienté par le souci du patient dans sa singularité, sa volonté propre et ses droits. L’évolution de la société mais aussi l’épidémie du sida et le rôle croissant des associations de malades dans la recherche et le système de santé semblent avoir profondément transformé la relation thérapeutique et la décision médicale désormais fondées sur le respect de la volonté du patient. On assiste à la mise en place d’un nouveau mode de gouvernement des malades qui met l’accent sur leur caractère de sujet de droits, de volonté et d’émotions, et qui doit être interrogé dans ses présupposés comme dans ses effets.

Par ailleurs, avec la chronicisation des maladies et l’allongement de la durée de la vie, nous assistons à l’essor d’une médecine de la santé, fondée sur une définition extensive de la santé comme état de bien-être complet physique, psychique et social, sur l’épidémiologie des facteurs de risque, le dépistage et la prévention, et sur l’autocontrôle des comportements individuels. Au soin défini comme une relation intersubjective destinée à soulager la souffrance d’une personne singulière se substituent des techniques de soins adressées à l’usager du système de santé. Les pressions économiques qui pèsent sur ce système, la conception dominante de l’individu rationnel, autonome, responsable de sa vie et de sa santé, l’exigence sociale d’adaptabilité individuelle ne risquent-elles pas de faire coïncider individualisation des soins et responsabilisation, voire culpabilisation, de l’individu chargé de connaître ses facteurs de risque, de contrôler ses comportements, de prévenir ses maladies et de gérer rationnellement et économiquement les soins qui lui sont proposés ?

La médecine de la santé ne prélude-t-elle pas finalement à la dissolution de la médecine dans une pluralité de techniques de soins, aboutissant à la disparition de la clinique de l’individu ? La pluralité de ces techniques, accentuée par la spécialisation médicale et le recours à des nouvelles technologies toujours plus complexes portant sur des aspects bien spécifiques du sujet malade, paraît conduire en effet à une sorte de morcellisation du sujet. Cette médecine ne requiert-elle donc pas de réfléchir à de nouvelles formes possibles de soin et des formes nouvelles de dialogue entre le sujet décomposé et la pluralité des instances qui le prennent en charge ?

Est-il simplement possible de faire en sorte que le soin respecte la singularité et la volonté du patient et que celui-ci devienne un sujet et un acteur de santé à part entière, sans que cette subjectivation ne mène à de nouvelles formes de normalisation et d’assujettissement ? Qu’implique le fait d’encourager le patient à assumer, dans la maladie et le traitement, la part d’activité qui lui convient afin qu’il accède à une vie qu’il jugera normale de son propre point de vue ? Comment les soignants peuvent-ils faire droit à l’expérience toujours singulière de la maladie ?

Programme du séminaire « Penser les nouvelles pratiques de soin »

31 janvier 2008 : La séance portera sur les limites du soin et le cas de la fin de vie.

- Céline Lefève, philosophe, Université Paris 7, REHSEIS, Centre Georges Canguilhem : « Comment respecter la volonté du patient en fin de vie ? A partir de l’entretien radiophonique de G. Canguilhem : « Le droit à la mort » (1975) »

- Frédéric Worms, philosophe, ENS, Paris : « Le soin ultime »

13 février 2008 :

- Roland Gori, psychanalyste, Université Aix-Marseille 1 : « Logiques et limites de l’homme biomédical »

- Gérard Réach, diabétologue, Hôpital Avicenne, Bobigny : « Une analyse philosophique de la notion de soin »

27 février 2008 :

- Sadek Beloucif, anesthésiste-réanimateur, Hôpital Avicenne, Bobigny, membre du CCNE : « Soigner tout homme, soigner tout l’homme »

12 mars 2008 :

- Alain-Charles Masquelet, chirurgien, Hôpital Avicenne, Bobigny, Centre Georges Canguilhem : « Le Soin à l’épreuve de la Cure »

- Claire Crignon-De Oliveira, philosophe, Université Paris VIII : « Médecine de soi et prévention du vieillissement »

26 mars 2008 :

- Olivier Doron, philosophe/anthropologue de la santé, Université Paris 7, REHSEIS, Centre Georges Canguilhem : « Réguler une population, prendre en charge l’individu souffrant : comment s’articulent ces deux niveaux du soin ? »

- Anne-Marie Moll, anthropologue de la santé, Université de Twente (Pays-Bas) : « Du patient au consommateur »

9 avril 2008 :

- Adel Ben Ali, infectiologue, Hôpital Saint Joseph : « L’antibiothérapie autrement »

- André Grimaldi, diabétologue, La Pitié-Salpêtrière : « L’hôpital entreprise ou la marchandisation de la médecine »

Informations complémentaires : tournou@univ-paris-diderot.fr

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