CENTRE GEORGES CANGUILHEM

Histoire et philosophie des sciences du vivant et de la médecine

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Séminaire “Les inédits de Canguilhem” (2009-2010)

Ce séminaire fait partie du 7ème Programme-Cadre de la Communauté Européenne

Il est soutenu par une bourse Marie Curie « People » (sous l’identifiant : PIEF-GA-2008-221205)

et le Centre d’Archives de Philosophie, d’Histoire et d’ Édition des Sciences (CAPHÉS)

de Michele CAMMELLI

Mercredi de 18h à 19h 30 – salle 123C - Halle aux Farines.

Calendrier : 18 novembre, 2 décembre, 16 décembre,

13 janvier, 27 janvier, 10 février et 17 février.

En poursuivant l’exploration déjà commencée l’année dernière des écrits inédits de Canguilhem dans le cadre du séminaire « Canguilhem et son chantier » (février-juin 2009), celui de cette année sera entièrement consacré à un problème qui ne cesse de revenir dans les réflexions du philosophe : le problème de l’“erreur”.

En 1978, dans l’introduction à l’édition américaine de l’essai sur le normal et le pathologique, Foucault définit Canguilhem comme un “philosophe de l’erreur”. On serait immédiatement tenté de retenir cette formule si efficace de Foucault pour résumer la manière paradoxale de Canguilhem de poser la question des rapports entre vie et vérité. Et pourtant une telle formule pose problème. Comment une “philosophie de l’erreur” peut-elle exister sans que l’un des deux termes contenus dans cette expression s’efface au profit de l’autre ? Si “philosophie” et “erreur” pouvaient enfin se trouver ainsi liés par le génitif, cela voudrait dire que l’erreur a été littéralement “comprise” par la philosophie. Mais, dans un tel cas, comment pourrait-on encore parler d’“erreur” ? Le contresens n’est pas moins frappant si l’on envisage le chemin opposé car si la pensée devenait entièrement capable de reconnaître l’“erreur” en tant que telle, comment pourrait-elle se présenter sous une autre forme que celle de l’anti-philosophie déclarée ?

Les écrits inédits témoignent que ces questions ont toujours été au cœur de la démarche canguilhemienne. Cela veut dire qu’il n’y a pas à proprement parler chez Canguilhem une “philosophie de l’erreur” car l’existence d’une telle philosophie ne serait possible qu’en supposant résolues précisément ces questions qui ne cessent de l’interroger.

Le séminaire essayera de construire un parcours à travers les inédits de Canguilhem visant à dégager l’émergence de la figure de l’“erreur” dans la pensée de ce philosophe et les problèmes que cette figure pose chez lui par rapport à la pensée et à la pratique de la philosophie elle-même. Il s’agira donc moins d’essayer de reconstruire une “philosophie de l’erreur” que Canguilhem n’a jamais pu ni voulu fonder que d’interroger les rapports problématiques entre ces deux termes (“philosophie” et “erreur”) tels que la démarche canguilhemienne avec ses détours singuliers les dégage.

Pour construire ce parcours on portera surtout l’attention sur des écrits inédits qui datent d’avant l’essai de 1943 sur le normal et le pathologique. L’hypothèse de ce séminaire étant qu’on peut faire une sorte d’“archéologie” de la démarche de Canguilhem à partir du problème de l’erreur et des rapports entre philosophie et erreur. Le choix que le philosophe a fait à partir de la moitié des années 30 d’entreprendre des études de médecine et de consacrer ensuite une grande partie de sa propre réflexion à l’épistémologie de la biologie et de la médecine est lui-même à interroger. Que Canguilhem ait pu à un moment donné ressentir l’exigence de chercher ailleurs que dans la réflexion philosophique elle-même une “introduction à de problèmes humains concrets” – comme il l’écrit en 1943 au début de sa thèse de médecine –, n’est peut-être pas sans rapport avec les questions qu’il se pose précédemment concernant le problème de l’erreur et les limites d’une philosophie spéculative qui ne reconnaît le fondement de la pensée que dans l’autonomie radicale de la philosophie elle-même.

Dans un premier temps on se concentrera sur un long texte inédit du début des années 30 (dernier chapitre d’un ouvrage de philosophie que Canguilhem n’a jamais voulu publier) : La création. Grâce à ce texte on verra comment la figure de l’erreur émerge initialement chez Canguilhem à l’intérieur d’une réflexion sur le problème de la création et de l’activité technique.

Dans un deuxième temps on portera l’attention sur des écrits inédits (mais aussi sur de petits textes publiés) de la moitié des années 30 pour voir le rôle que la pensée de Nietzsche, et notamment la manière qu’il a de poser le problème de l’erreur, commence à jouer dans la réflexion de Canguilhem au même moment où il décide de commencer ses études de médecine.

Dans un troisième temps, toujours à partir de textes inédits, on verra comment les problèmes déjà présents au milieu des années 30 concernant les rapports entre vie, technique et science seront retravaillés à partir de la fin des années 60 par Canguilhem à travers la notion d’“idéologie scientifique” et la place stratégique qu’à ses yeux biologie et médecine peuvent aujourd’hui occuper dans nos sociétés en tant qu’“idéologies scientifiques” centrées sur une certaine manière d’interpréter le problème de la régulation.

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